RH

Articles RH, ITV Alexandre, Tous

Intervention au Forum Gaidar 2018 dans le cadre du consortium de l’Université Franco-Russe avec RANEPA

Intervention lors d’une table ronde à Moscou au forum de Gaidar dans le cadre du consortium de l’Université Franco-Russe avec RANEPA, sur les Global talents. https://www.youtube.com/watch?v=dtRHiom1SzI&t=6588s Bonjour à tous et permettez-moi de faire quelques remarques et transmettre le point de vue de l’entreprise et du business francais en Russie. Tout d’abord il faut bien comprendre à quel point nous changé d’écosystème en Russie si l’on prend en compte la période 2000 – 2018. La première partie de cette période, de 2000 à 2008 a vu la Russie et surtout son marché s’ouvrir après le reset de 1998 et de très nombreux spécialistes étrangers qualifiés notamment d’Europe et de France, les Expats, sont venus travailler en Russie. A partir de 2008 et à cause de la crise financière des subprimes, cette dynamique économique s’est enrayée et couplée avec une crise des visas entre l’UE et la Russie, les fameux 90/180. Sans surprises et en réponse à la crise économique la Russie a mis en place des mesures de protections nationales visant à protéger son marche de l’emploi. Un nouveau cycle a alors commencé en 2008, dont nous voyons le bout aujourd’hui, cycle qui a vu la réduction du nombre des Expats et le début de la russification des équipes au sein des groupes étrangers, et francais, en Russie. Cette diminution des Expats s’est accompagnée d’une hausse des Repats sur le marché du travail. Les Repats sont des russes ou russophones ayant grandi et/ou étudié à l’étranger et désirant rentrer en Russie pour y travailler, conscient que la crise touche tous les pays d’Europe. Dans le même temps, entre 1995 et 2018 un grand nombre d’étrangers se sont installés en Russie et y sont désormais embauchables par les entreprises étrangères ou russes dans des conditions équivalentes au locaux, ces Ruspats étant bien souvent russifies et russophones. Ainsi les trois principales catégories RH DE Russie vous sont désormais familières 🙂 Concernant le marché du travail en Russie aujourd’hui, la question des langues russes et françaises reste également fondamentale. Les grosses entreprises françaises, le CAC 40, sont déjà en Russie. Désormais ce sont les petites et moyennes entreprises qui devraient, au cours des prochaines années, investir le marché russe. Pour ces entreprises, contrairement au CAC 40, la langue francaise reste un élément clef et la demande des PME françaises est fréquemment de recruter du personnel qualifié francophone, malheureusement trop rare numériquement. Nombre d’entreprises françaises réfléchissent aujourd’hui a intégrer du personnel russe en France afin de les francophoniser avant de les renvoyer travailler en Russie. Enfin il faut ajouter que lorsque l’on parle à l’avenir de développement du business francais en province russe pour des spécialistes étrangers et donc francais, l’anglais ne suffit évidemment pas. Il est en effet inconcevable d’imaginer développer du business à Orenbourg, Tioumen ou Magadan en anglais. Plus que de ne parler russe il faut également pour les spécialistes étrangers comprendre culturellement la Russie et son environnement culturel. Cette question de l’imprégnation culturelle et linguistique pose la question de l’experience en Russie et soulève la question de pouvoir, pour des jeunes étudiants francais, travailler légalement en Russie que l’on pense aux étudiants francais en Russie qui n’ont toujours pas le droit de travailler ou aux étudiants francais en France souhaitant eux venir faire un stage ou travailler pour une période de temps courte en Russie. Cette experience serait pourtant profitable tant aux établissements universitaires russes et francais qu’aux entreprises qui pourraient ainsi se créer un pré-pool de profils russifies et russophones, mais surtout pour les jeunes talents francais qui ainsi pourraient commencer leur carrière en Russie. Ces problématiques de visas ne concernent pas que les stagiaires et les étudiants, les procédures d’obtention de visas de travail se sont réellement durcies, et heureusement que le VKS est entré en vigueur, donnant un peu d’oxygène aux entreprises étrangères souhaitant embaucher des étrangers qualifiés. Ces problématiques linguistiques et administratives s’inscrivent également dans la complexe situation démographique que traverse la Russie aujourd’hui. Nous entrons aujourd’hui en effet dans une grosse decennie qui va voir le nombre d’entrants sur le marché du travail diminuer de par la faible natalité que le pays a connue entre 1992 et 2005, suite à la chute de l’union soviétique. Cette dynamique devrait accroitre l’aspect pénurique du marché du travail. Aujourd’hui en Russie il y a déjà une pénurie de main d’œuvre dans nombre de secteurs et nombre de régions. La Russie est un marché de candidats avec un chômage très faible et cela a pour conséquence que les entreprises, notamment étrangères et françaises en premier lieu, se développent comme elles peuvent et non pas comme elles voudraient. La Russie, si elle veut éviter les erreurs de l’union européenne en ne contrôlant pas son immigration, pourrait mettre en place une politique d’immigration choisie et sélective en se servant notamment de ces milliers de jeunes talents qui, en apprenant le russe et travaillant dès que possible en Russie (durant leurs études), s’assureraient un avenir professionnel en Russie. Par conséquent, un énorme travail est à constituer en amont, que ce soit sur l’image du pays pour le rendre plus attractif mais aussi les modalités pratiques et légales devant et pouvant permettre à une main d’œuvre étrangère qualifiée et choisie de venir travailler et pourquoi pas se sédentariser en Russie pour y contribuer au développement de l’économie. Je vous remercie de votre attention.

Articles RH, Tous

Consultants étrangers en Russie : y a-t-il de la place pour de nouveaux arrivants ?

On compte aujourd’hui en Russie plus de 3 000 sociétés de conseil, dont la plupart sont d’origine russe. Les vétérans mènent la danse L’édition 2015 du classement Expert RA établi par le groupe RAEX montre, à l’instar des classements similaires des années précédentes, que ce sont les grands groupes qui reçoivent la plus grande partie des revenus générés par les sociétés de conseil. Ainsi, le chiffre d’affaires des dix principales sociétés de conseil en Russie dépasse aujourd’hui les 75 milliards de roubles par an. Sur cette somme, plus de 47 milliards de roubles reviennent à quatre sociétés surnommées les Big Four : EY, Deloitte, PwC et KPMG. Tous ces acteurs sont des « vétérans » en Russie : ce sont eux qui y ont créé le marché du consulting. « L’arrivée des sociétés de conseil dans les années 1990 était due aux nombreux changements survenus à l’époque dans la vie politique et économique du pays et qui ont donné la possibilité à ce dernier de travailler avec des sociétés étrangères. De plus, les besoins des entreprises russes ont changé : celles-ci étaient prêtes à se lancer dans de nouveaux projets et à adopter de nouvelles méthodes de travail, ce qui a créé une demande en services de consulting », raconte Anastasia Ossipova, directrice associée du département de conseil de la société Deloitte CEI. Depuis l’arrivée en Russie des Big Four, le marché du consulting s’est rapidement développé dans les grandes villes : on compte aujourd’hui en Russie plus de 3 000 sociétés de conseil, dont la plupart sont d’origine russe. Cependant, les experts reconnaissent que cette concurrence n’a en rien diminué le poids des sociétés étrangères. « L’un des avantages des sociétés étrangères est leur longue histoire, leur expérience et leur expertise ; un autre est leur maîtrise des standards internationaux, des pratiques et des subtilités des législations étrangères, du branding », souligne Vartan Khanferian, analyste au sein du département des classements chez RAEX-Analitika. Anastasia Ossipova partage ce point de vue : « Les sociétés russes manquent encore de compétences dans le domaine de la gestion de programmes complexes et de projets à plusieurs niveaux. C’est précisément le secteur dans lequel elles doivent se perfectionner le plus vite possible. Les sociétés internationales de conseil ont quant à elles l’avantage de proposer au marché russe de nouvelles méthodes et les meilleures pratiques mondiales, qui ont déjà été éprouvées sur d’autres marchés », explique-t-elle. Des étrangers « plus petits » Toujours est-il que les Big Four ne sont pas les seules à faire concurrence aux sociétés russes. En plus des consultants britanniques et américains, il existe sur le marché d’autres acteurs étrangers, plus petits. Par exemple, Accountor, société finlandaise proposant des services d’audit et de comptabilité, est présente en Russie depuis 1992, date de l’arrivée massive d’entreprises finlandaises en Russie. « Aujourd’hui, nos principaux clients sont des sociétés étrangères présentes en Russie. Elles préfèrent s’adresser à nous, car nous offrons des services transparents et les aidons à mettre en place une coopération aussi fructueuse que possible entre le siège central de la société et sa filiale russe », explique Timo Sivonen, directeur commercial d’Accountor. En ce qui concerne la présence française sur le marché russe du consulting, nous avons dénombré plus de 20 sociétés de conseil françaises dans des secteurs très divers : du classique conseil financier et juridique au luxe, à la construction automobile ou à l’efficacité énergétique. La plupart d’entre elles ne sont pas arrivées sur le marché russe au moment du « partage du gâteau », soit dans les années 1990, mais au plus fort de son développement, à partir du milieu des années 2000. La principale raison du succès de ces petits acteurs est qu’il sont parvenus à occuper une niche sur le marché russe. C’est par exemple le cas de la compagnie de consulting en ressources humaines ATSAL, dont l’implantation sur le marché russe date de 2012. « Aujourd’hui, nos clients sont surtout des compagnies étrangères qui souhaitent se développer sur le marché russe et ont besoin de spécialistes russes qualifiés », explique Alexandre Stefanesco, directeur général d’ATSAL. Cependant, les experts reconnaissent que, malgré les méthodes de pointe utilisées par les consultants étrangers, il existe des secteurs dans lesquels il leur est très difficile de faire concurrence aux Russes. C’est le cas, par exemple, de l’informatique et de l’intégration de systèmes. « Dans le secteur de l’intégration de systèmes, les sociétés de conseil russes sont nettement plus compétitives que leurs concurrents étrangers. Leurs tarifs sont inférieurs, et un projet peut ainsi donner l’impression de coûter moins cher », fait remarquer Anastasia Ossipova. Classement des sociétés de conseil. Crédits : BizMag La crise, annonciatrice de grands changements ? Selon les experts, la crise n’a pas occasionné de bouleversements sur le marché du consulting, qui n’a connu ni arrivée, ni départ massif d’acteurs étrangers. « Nous n’avons pas observé de changements radicaux. Certaines tendances sont liées à la stagnation de l’économie russe : les consultants ont perdu des commandes et des clients, les prix de leurs services ont baissé. Toutefois, de manière générale, le chiffre d’affaires des sociétés de conseil poursuit sa progression au fi l des ans (10 % en moyenne aujourd’hui), tandis que la demande pour leurs services se maintient. Pour les sociétés étrangères ou leurs représentants, la croissance a été en partie assurée par la baisse du rouble », commente Vartan Khanferian. La crise a également incité certains consultants, principalement étrangers, à optimiser leurs dépenses. « Si, autrefois, nous faisions souvent appel à des expatriés provenant du groupe, aujourd’hui, ce sont nos cadres locaux qui forment les nouvelles générations. Nous pouvons nous permettre d’être plus sélectifs dans nos processus de recrutement et d’évaluation, d’autant plus que le niveau des ressources disponibles sur le marché du travail a également sensiblement augmenté », explique Florence Pinot, directrice associée de l’entreprise Mazars. Les principaux changements occasionnés par les évolutions politiques et économiques de ces trois dernières années concernent la demande pour certains types de services. « En général, en

Articles RH, ITV Alexandre, Tous

Interview pour Russie-Info : Un marché de l’emploi pour les Français en Russie toujours en berne ?

Il y a quelques années, la phrase « ici, tout est possible » revenait souvent à la bouche de ceux partis travailler en Russie. Aujourd’hui la crise économique profonde et les sanctions ont porté un coup à cet enthousiasme. Russie Info a rencontré plusieurs experts du recrutement sur le marché russe concernant l’évolution de ce marché et de son attractivité pour les Français. S’ils reconnaissent la difficulté de ces dernières années, ils considèrent toujours qu’il y a des perspectives intéressantes. De fait, en comparaison avec d’autres filiales étrangères, peu d’entreprises françaises ont quitté la Russie depuis 2014, même si elles ont certainement réduit leur voilure. La chute du rouble coupable La chute du rouble a véritablement affecté le marché de l’emploi pour les Français en Russie. Aux alentours de 35-40 roubles pour un euro début 2014, la monnaie russe a perdu 42% de sa valeur cette année-là, suite à la baisse des prix du pétrole et les effets de la crise ukrainienne. Elle se maintient désormais autour de 60 roubles pour un euro. Cette baisse a spécialement affecté les revenus des contrats locaux rémunérés en monnaie locale et a mis sous pression bon nombre de Français vivant en Russie. Pour les personnes expatriées dont les revenus sont en euros, l’ambiance n’était aussi plus au beau fixe, les coûts qu’elles représentent pour l’entreprise étant désormais sensiblement plus lourds. Elisabeth Gorodkov-Goutierre, fondatrice du cabinet de recrutement TPA/Axis, estime que le nombre de VIE par exemple a été divisé par trois dans les filiales françaises. Présente depuis 25 ans en Russie, elle rappelle cependant la diversité des situations professionnelles qui ne favorisent pas l’émergence de tendances claires: « On n’a pas un marché de l’emploi russe mais que des exceptions ». Au-delà de la chute du rouble, d’autres facteurs structurels long terme ont agi sur les conditions d’emplois. Une normalisation administrative qui ralentit les processus L’obtention des visas s’est ainsi progressivement complexifiée sur le plan administratif depuis 2008. Avant 2002, on pouvait arriver en Russie sans permis et trouver un travail. Désormais, cela n’est plus possible. Les visas business de 6 mois ne sont plus cumulables et les conditions sont plus strictes. Le gouvernement a cependant mis en place en 2010 des systèmes plus rapides pour les travailleurs hautement qualifiés (VKS), qui bénéficient d’un salaire supérieur à 2 millions de roubles par an. Cela a permis de simplifier le processus et d’éviter le double paiement des charges. Mais pour Elisabeth Gorodkov-Goutierre, cela reste un « parcours du combattant ». En 2015, le service de migration a été supprimé pour être rattaché au ministère de l’intérieur et les locaux ont déménagé en dehors de Moscou, à deux heures de bus de la capitale. « Il faut au final 4 jours temps plein pour récupérer son permis de séjour ». Mais la spécialiste du marché russe ne jette pas la pierre. Pour elle, « en Russie, on a tendance à mettre la charrue avant les bœufs »: des réformes sont faites mais les gens ne sont pas formés et les structures pas prêtes pour les appliquer. Une russification des effectifs ? Cette plus grande complexité n’a pas comme intention de spécialement favoriser l’emploi des Russes, selon Elisabeth Gorodkov-Goutierre, il s’agit plus « d’une réorganisation qu’un durcissement ». Pour Caroline Galliaerde, Directrice Générale du cabinet de recrutement BrainPower, filiale de BPI-Group, la tendance est certes à la russification des managers mais les décisions souvent ne suivent pas la tendance: « Lorsqu’une filiale étrangère veut changer son management et embaucher des Russes, il arrive souvent qu’un candidat français fasse l’affaire. » Les postes de CFO resteront souvent dévolus aux Français dans les filiales de grands groupes nationaux. Mais sur les postes de DRH, c’est un Russe qui sera le plus souvent privilégié. C’est le cas d’Auchan Russie qui après avoir eu longtemps un DRH français, a désormais une Russe à la tête de ce département. La russification répond pour Caroline Galliaerde davantage à une stratégie business qu’une politique nationale: « C’est une logique d’efficacité et d’adaptation au pays ». Même constat chez TPA/Axis: pour certains postes comme le développement commercial ou certains secteurs comme les milieux industriels, le fait d’être russe est plus apprécié. Alexandre Stefanesco, fondateur du cabinet de recrutement Atsal spécialisé dans les PME, confirme une forte russification depuis 2014: « Mais elle correspond plus à une logique de normalisation et de tri, comparable à la logique canadienne ». La hausse des visas VKS (pour les travailleurs très qualifiés) traduit pour lui le souhait de développer une immigration sélective, choisie. Et cette russification semble logique pour des entreprises françaises implantées depuis plusieurs années. Il indique que « le talent français a été transmis et on a moins besoin de staffer en managers étrangers ». Ce constat est partagé par Elisabeth Gorodkov-Goutierre: « Globalement la Russie se referme un peu sur certains postes, il y a des candidats russes de plus en plus matures, avec de plus grandes compétences professionnelles qu’autrefois ». Pour rester en Russie, il faut désormais être prêt à quitter le statut d’expatrié. Caroline Galliaerde confirme cette baisse des contrats expatriés au profit des contrats locaux, même si les réticences à changer de statut restent présentes. Alexandre Stefanesco distingue dans son métier aujourd’hui 3 types d’expatriés: « L’expat, espèce en voie de disparition, le repat, c’est-à-dire le Russe qui est parti à l’étranger et qui revient, et enfin le ruspat, l’étranger en contrat local qui s’est russifié ». Ce dernier, employable en contrat local, coûte moins cher que l’expat et représente l’avenir de l’emploi des Français en Russie. Des secteurs de prédilection Les perspectives d’embauche, si elles sont moins nombreuses, restent bien présentes. Pour Caroline Galliaerde, les Russes aiment bien embaucher des profils dont ils n’ont pas encore les compétences, faisant référence à la renommée des Français dans le domaine du retail, et le succès connu du groupe Auchan, Leroy Merlin et Décathlon en Russie. Le domaine agricole est aussi, selon la spécialiste, un secteur reconnu pour les Français aujourd’hui, avec beaucoup d’opportunités dans l’élevage, l’agriculture, l’agronomie ou encore la viticulture. BrainPower s’occupe notamment en ce moment de recruter un expert français pour travailler dans une exploitation agricole russe. Alexandre Stefanesco